J'ai arrêté de fumer grâce au confinement

Nicolas, 28 ans, a commencé à fumer au collège. Au lycée, il était accroc à la cigarette. Pendant 10 ans, il a fumé un paquet par jour.  Mis au chômage partiel pendant le confinement, il a décidé d’arrêter de fumer pour faire des économies et pour sa santé. Deux motivations qui l’ont aidé à tenir le coup. Témoignage.

 

J’ai commencé à fumer à l’âge de 13 ans. Je fumais pour faire comme les copains au collège, pour frimer. Au début, je piquais les cigarettes de mes parents. Je crapotais et ça restait alors très occasionnel. Les choses sérieuses ont réellement commencé vers 16 ans. Petit à petit, je suis devenu accroc. J’achetais mes propres cigarettes et je fumais un paquet tous les deux jours. J’évitais, comme beaucoup d’ado, de fumer à la maison. Je ne fumais qu’au lycée. A partir de 20 ans, j’ai commencé à fumer tout le temps y compris chez mes parents. Quand ils ont su que je fumais, ils n’ont pas vraiment essayé de m’en dissuader. Mon père est un fumeur, il était assez mal placé pour me faire la morale. Ma mère a du me faire quelques réflexions. Mais sans effet sur moi. Finalement ça ne semblait pas les déranger plus que cela.

J’ai arrêté de fumer une fois mais quand j’ai repris, c’était pire !

En 13 ans, je n’ai essayé d’arrêter qu’une seule fois, il y a 3 ans. A cette époque je fumais un paquet par jour. J’ai tenté seul sans aide de patch ou de séance d’hypnose. J’ai tenu deux semaines !  C’était trop dur. Je n’arrivais pas à maîtriser cette envie. Je devenais de plus en plus nerveux. Je perdais vite patience. Mais lorsque j’ai repris, c’était pire. Je fumais un paquet et demi voir deux paquets par jour. C’était énorme ! Et je ne parle du budget. Je pense que j’ai échoué car je n’avais pas encore assez de volonté et de bonnes raisons pour vraiment arrêter définitivement.

La cigarette électronique m’a donné encore plus envie de fumer

J’ai aussi expérimenté la cigarette électronique mais elle a eu l’effet inverse souhaité ! Elle me donnait encore plus envie de fumer. Ca m’asséchait la gorge. J’avais envie de boire des litres d’eau. J’ai vite repris la cigarette normale. Je n’ai plus jamais tenté d’arrêter jusqu’au confinement. Depuis quelques années, j’étais stabilisé à un paquet par jour.

Le confinement a été une occasion rêvée pour arrêter de fumer

Et puis cette année au nouvel an, j’ai eu envie de ralentir.  Pas d’arrêter. C’était ma bonne résolution de l’année 2020. Je suis passé d’un paquet par jour à un paquet tous les deux jours. Puis le confinement est arrivé.  Je me suis retrouvé au chômage partiel. Je savais que j’allais avoir une baisse de salaire. Ca a été ma première grosse motivation. Comme tout le monde, j’ai aussi cessé toute vie sociale. C’était vraiment l’occasion rêvée pour arrêter de fumer. Je n’étais plus tenté lorsque j’allais dehors avec mes amis. Ca m’a beaucoup aidé à oublier la cigarette. Le plus dur a quand même été de ne pas fumer en restant enfermé à la maison. Mais comme je ne pouvais pas facilement sortir pour aller en acheter, j’ai naturellement réduit ma consommation. De fil en aiguille, j’ai complètement arrêté.

Je me suis mis à faire beaucoup plus de sport

Les deux ou trois premières semaines ont quand même été difficiles. Heureusement, j’ai repris le travail mi-avril. Cela m’a aidé à oublier le manque. Comme la première fois, je n’ai pas voulu mettre de patchs. En revanche, je me suis mis à faire beaucoup plus de sport. J’ai commencé la musculation. Je suis passé de deux séances de sport par semaine à 5 à 6. C’est un bon défouloir ! Et c’est plus sain que la cigarette. J’ai toujours aimé le sport mais la clope réduisait mon endurance. Maintenant je me sens mieux.

Je dors mieux, je me sens moins stressé, je suis plus patient

Aujourd’hui, j’ai plus d’endurance. J’ai plus de souffle, je n’ai plus de gène dans les poumons. Je dors mieux, je me sens moins stressé. Je suis plus patient. Surtout dans mon métier. Je suis commercial. Il faut gérer les clients insatisfaits. Ca peut vite monter. Le fait de ne pas avoir envie de fumer me permet de faire face avec plus de calme aux situations difficiles. L’odeur du tabac froid me dérange aussi beaucoup maintenant. Quel plaisir de ne plus sentir la clope sur les vêtements ou les cheveux. J’ai d’ailleurs eu des réflexions, notamment au travail, de collègues qui apprécient que je ne sente plus la cigarette.

Certaines cigarettes sont plus difficiles à oublier que d’autres

Bien sûr, je continue d’y penser souvent. La cigarette la plus difficile à oublier, comme beaucoup de fumeur, est celle que je prenais après le repas. Celle-là me manque beaucoup. Et maintenant que le confinement est terminé et que l’on peut ressortir, la cigarette des soirées en buvant un verre avec les copains est aussi difficile à gérer. Je n’ai pas de trucs particuliers pour ne pas succomber. J’essaie surtout de ne pas y penser, de l’esquiver. Mais je refuse de ne plus sortir avec mes amis fumeurs ou de restreindre mes sorties à cause de la cigarette.

Je m’octroie des petites récompenses. Ca m’aide à tenir !

Au début de l’année 2020, je fumais 15 paquets par mois. Je dépensais donc environ 150 euros. Aujourd’hui, je fais de belles économies ! Du coup, je m’octroie des petites récompenses. Ca m’aide à tenir et ça me fait un beau budget pour me faire plaisir pendant les vacances.

Il faut avoir une vraie motivation.

Le seul conseil que j’aimerai donner, c’est qu’il n’y a pas de remède miracle. C’est un combat contre soi même. Il faut avoir une vraie motivation. La mienne était d’abord financière au moment du confinement. Ensuite, bien sûr, il y avait aussi la santé et l’endurance. J’apprécie d’avoir une vie plus saine.  Je ne recommencerais pas car si je recommence, je sais que je refumerais encore plus.

Propos recueillis par Valérie François / CIDJ / Octobre 2020
Illustration : Unsplash

   

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