"

Accueil / Je m’informe / Écrans / Tu as moins de 15 ans ? Et si on te privait de TikTok ? Le vrai avis des ados

Tu as moins de 15 ans ? Et si on te privait de TikTok ? Le vrai avis des ados

Interdiction des réseaux sociaux

L’Assemblée nationale a voté en janvier l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Le texte doit encore suivre tout un parcours législatif avant son adoption définitive et une mise en place prévue pour septembre 2026. Mais, les premiers concernés, eux, expriment des avis nuancés. Santeaddictions a demandé à quatre ados de 14 et 15 ans ce qu’ils en pensent vraiment. Leurs réponses vont te surprendre…

Imagine : demain, TikTok, Snapchat et Instagram disparaissent de ton téléphone. Trop jeune ? Pas assez mature ? À l’Assemblée nationale, les députés ont décidé d’interdire les réseaux sociaux avant 15 ans pour « protéger les jeunes ». Qu’en pensent les principaux intéressés ? On a posé la question à Inès, Lucie, Arnaud et Zoé, quatre ados de 14 et 15 ans. Leurs réponses sont loin d’être aussi simples que le débat des adultes… et elles pourraient bien te faire réfléchir !

Inès, 15 ans, Paris : « À 15 ans, c’est trop tard pour interdire ! »
« J’ai de la pitié pour les gens de moins de 15 ans. Je me dis dommage pour eux. Si j’avais 14 ans, j’aurais été hyperfrustrée. Ce qui est réconfortant, c’est qu’ils vont tous être dans le même bateau. Par contre, 15 ans, je trouve ça trop vieux pour interdire. En sixième OK, tu es influençable. Tu regardes des trucs inutiles, tu as envie d’acheter n’importe quoi. Car à 15 ans, tu repères mieux les contenus louches. Une interdiction totale, c’est violent. Mon message aux députés ? Imaginez que vous avez 14 ans en 2026 : les réseaux, c’est notre vie sociale ! Plutôt que d’interdire, pourquoi ne pas mieux surveiller ce qui y circule ? »

Lucie, 15 ans, lycéenne à Vanves (92), « TikTok, c’était la pire idée de ma vie »

« Je passe 27 heures par semaine sur mon téléphone, dont plus de 14 heures sur TikTok. Dès que j’ouvre l’appli, on me propose un truc qui me plaît. Et il est dur d’arrêter. J’ai commencé en cinquième. Ce fut la pire idée de ma vie. En cinquième, on n’a pas la maturité pour se limiter. Je n’avais aucune activité à part ça. Maintenant, je n’arrive pas à me motiver pour démarrer une nouvelle activité sportive ou artistique. Je n’arrive même pas à lire. Si l’histoire ne m’accroche pas en 2 secondes comme dans une vidéo, j’abandonne. En cinquième, si on m’avait supprimé les réseaux, je me serais certainement sentie contrôlée. Maintenant, je me dis que j’aurais peut-être été mieux protégée.

Quand je me demande ce que j’ai fait cette semaine, la réponse est souvent la même : rien, à part scroller sur mon téléphone. Pourtant, ma cousine de 14 ans, qui n’en a pas, a plus de passions et d’activités que moi. »

Ce qui ne me manquerait pas ? Le scroll. Si c’était interdit pour tout le monde, je me sentirais presque libérée. Mais bon… j’ai menti sur mon âge pour créer mon compte TikTok. Il faudrait que les applis se parlent entre elles pour bloquer les faux âges ! »

Arnaud, 14 ans, est en troisième à Bayonne (64) : « Je serais déçu si c’était interdit »

« J’utilise surtout WhatsApp et Snapchat. Instagram. Je passe environ 1h15 par jour sur les réseaux. C’est rien comparé à certains potes de classe qui y passent 6 à 7 heures. Si c’était interdit, je serais déçu. En vrai, je pourrais attendre un an de plus. Le problème, c’est que certains y passent trop de temps et sont fatigués en cours. Une interdiction, ça pourrait les aider… Moi, j’ai heureusement le contrôle parental, et je pose mon téléphone dans une autre pièce pour travailler. Sinon, je suis trop distrait par les notifications. Quand je n’ai rien à faire, je vais sur les réseaux. Peut-être que je sortirais plus ou que je lirais plus sans ça. pas d’illusion, on arrivera à contourner l’interdiction. Tout le monde change déjà sa date de naissance. »

Zoé, 15 ans, Marseille (13) : « Les réseaux, c’est notre façon de socialiser »

« Sans WhatsApp, Snapchat ou TikTok, comment fait-on pour parler à nos amis ? Aujourd’hui, on ne donne plus notre numéro, on échange nos Snap. Les réseaux, c’est aussi ce qui nous rassemble : une vidéo vue en commun, une référence partagée… Si tous tes potes y sont et que toi tu n’y as pas accès, c’est lourd. Après, je comprends les risques : le scroll infini, les nuits trop courtes, la fatigue. Les plateformes ont évolué très vite. Il y a plus de possibilités qu’avant et donc plus de raisons de rester dessus. Mon conseil aux députés ? Si vous voulez limiter l’accès, faites-le bien : vérifiez les âges, bloquez les contournements. Mais ne nous coupez pas de notre vie sociale. »

Et toi, qu’en penses tu ?

Interdire les réseaux avant 15 ans : bonne ou mauvaise idée ?

Les ados sont divisés. Certains se sentiraient protégés, d’autres contrôlés. Une chose est sûre : les réseaux, c’est bien plus qu’un simple passe-temps. C’est un lieu de socialisation et de distraction, et également une source de fatigue et parfois de mal-être.

Alors, si on te retirait Snapchat ou TikTok demain :

  • Tu te sentirais libéré ou exclu ?
  • Tu trouverais des activités alternatives ou tu contournerais l’interdiction ?

À toi de jouer ! Donne-nous ton avis en commentaire.

Et si tu veux des conseils pour mieux gérer ton temps d’écran, découvre notre article : stop aux écrans : 6 astuces pour reprendre le pouvoir.

© CIDJ  – Valérie François / 2026

Copyright : Tetiana Soares – Istock

Vous aimerez aussi

Besoin d'en parler, de te faire aider ?