Ecrans, tabac, psychotropes… Pour le compte de l’association Addictions France, l’institut de sondages BVA a mesuré les pratiques addictives des Français en cette période de crise sanitaire. Sans surprise, elles augmentent surtout chez les personnes dans les situations les plus difficiles.

L’enquête* a été réalisée en février, entre les deuxième et troisième confinements. Et ses résultats confirment les nombreux sondages et études menés depuis l’an dernier, pour les adultes comme pour les enfants, et les observations des professionnels sur le terrain. Sans surprise, donc, cette étude BVA pour l’association Addictions France** indique que la crise sanitaire et les restrictions qu’elle implique ont eu un impact négatif sur le moral de 56% des personnes interrogées.

« C’est sur la santé psychologique que la situation a eu le plus de conséquences néfastes, davantage que sur les relations avec leurs proches (53%), la situation financière (35%), la vie professionnelle (34%) ou encore l’accès aux soins (29%) », commentent les auteurs du sondage. Or, souffrance psychologique et conduites addictives vont souvent de pair.

Anxiété, ennui, solitude

Dans le détail, 60% des personnes interrogées disent avoir augmenté leur consommation d’écrans à des fins récréatives, 35% disent avoir augmenté leur consommation de tabac et un tiers répond consommer davantage de cannabis, d’anxiolytiques et de somnifères. Tous publics confondus, l’anxiété et l’ennui apparaissent comme les principales causes de ces pratiques, suivis du sentiment de solitude ou d’isolement.

Mais tout le monde est-il touché de la même manière, dans les mêmes proportions ? Non, répond l’étude : « les personnes dans une situation financière très difficile, celles déjà suivies pour une addiction, les poly-consommateurs, les personnes ayant connu un arrêt de leur activité professionnelle lors de l’année écoulée et les étudiants s’avèrent des populations plus touchées que les autres, avec un impact encore plus négatif de la crise sur leurs consommations ».

Ainsi, 58% des personnes ayant déjà été suivies pour un problème d’addiction ont augmenté leur consommation d’anxiolytiques (contre 33% en moyenne pour la population générale) ; 56% des personnes en situation financière difficile admettent qu’il était complexe de maîtriser certaines consommations à risque en période de confinement (38% en moyenne) et 45% des poly-consommateurs ont augmenté leur consommation d’alcool (21% en moyenne).

A noter : Autre enseignement de l‘étude, la difficile régulation du temps d’écrans des enfants. Malgré une bonne information sur le sujet, 6 parents sur 10 ont concédé avoir rencontré des difficultés « pour limiter le temps d’exposition aux écrans de leurs enfants pendant les confinements ».

*Enquête réalisée par internet du 15 au 24 février 2021 auprès d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans ou plus, composé de 2001 personnes.

**Ex-ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie)

  • Source : Etude BVA-Addictions France, le 13 avril 2021
  • Ecrit par : Charlotte David – Edité par : Vincent Roche
   

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