Virer les parents et faire une fête chez soi, beaucoup d’ados en rêvent. Toi aussi, certainement ! Et tu penses qu’avec de l’alcool, la fête est plus folle. Mais sais-tu quels seront sur toi les effets de l’alcool. Sauras-tu t’arrêter à temps ? On te donne quelques conseils pour que la fête ne finisse pas la tête dans la cuvette ou pire aux urgences !

 

« Pour moi, il n’y a pas de bonne soirée sans alcool », explique Pauline, 17 ans. « Avec l’alcool, je deviens hyper sociale et je suis du genre à faire des blagues à des inconnus. » C’est un fait, lorsque tu bois de l’alcool, tu te sens bien, désinhibé, tous tes complexes et tes peurs s’en vont. Les timides parlent à tout le monde, les casse-cou sont prêts à jouer les acrobates… C’est un sentiment tellement cool. « L’alcool monte rapidement au cerveau et enlève « le frein » du cerveau. Ce frein déverrouillé nous fait agir de manière plus ou moins irresponsable. On va avoir tendance à vouloir relever des défis, être dans la provocation… », explique Nicolas Bonnet, responsable de la consultation jeune consommateur à la Pitié Salpêtrière.

 

Avec l’alcool on perd ses réflexes et son équilibre

« La première fête à la maison a été une catastrophe. J’ai profité de l’absence de mes parents pour inviter des copains. Ils ont pris des bouteilles de vin dans la cave. J’ai retrouvé une chaise cassée, certains avaient vomi dans la baignoire. J’ai dû tout nettoyer seul avant leur retour », avoue Théo qui ne garde pas un bon souvenir de cette première expérience. Et oui, l’alcool peut vraiment te faire faire n’importe quoi ! Tu as l’impression d’être le roi du monde, de pouvoir tout faire et tout tenter ?

 

En réalité, c’est tout le contraire. On a moins d’équilibre, on perd ses réflexes, le champ de vision se réduit et tu mets plus longtemps à comprendre ce que tu vois ou entends. Avec seulement une seule pinte de bière de 50 cl à 5°, tu as deux fois plus de chance d’avoir un accident sur la route. Même avec ton vélo ! « Il y a de vrais risques de chute mais aussi de violence et des risques sexuels en ayant par exemple des rapports non désirés ou non protégés », alerte Nicolas Bonnet.

 

Mais alors comment faire pour s’arrêter de boire à temps ?

  • Alterner boisson sans alcool et boisson alcoolisée.

Si tu n’as jamais bu, ton seuil de tolérance est très bas. Deux ou trois verres peuvent te suffire pour être totalement saoul(e) et faire n’importe quoi. Les premières soirées sont d’ailleurs une cause importante d’hospitalisation des jeunes aux urgences. Pour éviter de finir la tête dans la cuvette et de subir un gros mal de tête le lendemain, il n’y a pas de secret : il faut boire… de l’eau ! « L’alcool déshydrate beaucoup. Cette déshydratation peut être la cause de violents maux de tête le lendemain. La seule façon d’y remédier : boire beaucoup d’eau », recommande Nicolas Bonnet. Donc pendant la fête, alterne boissons sans alcool (dans l’idéal de l’eau) et boissons alcoolisées. Cela t’évitera une bonne gueule de bois le lendemain ou pire une nuit aux urgences !

  • Boire lentement et manger

« Une fois, un verre d’alcool absorbé, il met environ 45 minutes à produire son effet maximal. Si tu bois beaucoup d’alcool sur un temps très court, tu ne te rendras pas compte tout de suite de l’effet que cela procure sur ton cerveau. Et là tu risques de graves accidents. Tu peux même perdre connaissance ! C’est ce qu’on appelle le coma éthylique », ajoute Nicolas Bonnet. Donc ne bois pas trop vite ! L’idéal est de se limiter à un verre par heure. Et pour ralentir ta consommation, pose ton verre entre chaque gorgée. Et pense à manger.

 

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  • Éviter les jeux d’alcool

D’où notre 4e conseil : évite les jeux d’alcool ! Ils poussent à la consommation ! Tu bois souvent cul sec et plusieurs verres d’affilée. Et là tu risques vraiment d’être très malade ou de te mettre en danger.

  • Être vigilant les uns envers les autres

Les amis c’est vrai aussi la nuit ! Si tu sens que certains de tes potes vont trop loin dans leur consommation, qu’ils commencent à avoir des comportements agressifs ou au contraire s’endorment dans un coin, reste près d’eux. « Quand une personne a beaucoup bu, c’est important d’être présent, de lui donner de l’eau, de la chercher quand on la perd de vue, de ne pas la laisser seule. Si elle s’endort, mets-la en position latérale de sécurité pour éviter qu’elle ne s’étouffe en vomissant », renchérit Nicolas Bonnet.

  • Se donner des limites

Tu prévois une soirée mémorable où l’alcool va couler à flots. Fixe-toi des limites. « Le seul bon moyen de gérer sa consommation c’est de se dire : « ce soir je ne bois pas plus de X verres d’alcool. » Si tu ne programmes pas ta soirée, tu vas accepter de reprendre un verre à chaque fois qu’on te le propose. Dans l’idéal, parles-en à tes copains. Généralement, il y a une bonne alliance de groupe. Et tes vrais amis ne manqueront pas de te rappeler ta promesse ! Tu dépasseras peut-être cette limite mais tu n’iras pas aussi loin que si tu ne t’en étais imposé aucune », conclut Nicolas Bonnet.

 

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  • Pas d’alcool avant 15 ans

En conclusion, « mon tout premier conseil serait : pas d’alcool avant 15 ans », affirme Nicolas Bonnet. Aie, tu en as 14 ? « Avant 15 ans, le cerveau est extrêmement sensible à ce qui vient de l’extérieur et cela peut provoquer des lésions irréversibles », explique-t-il. Ça vaut peut-être la peine d’attendre un peu, non ?

 

Et les parents dans tout ça ?

Votre enfant part à sa première fête ? Abordez le sujet de l’alcool avec lui avant la soirée.

  • Alertez-le sur les dangers de l’alcool. Expliquez-lui les pièges qui facilitent la consommation : les boissons très sucrées dont on sent peu l’alcool, des canettes ou des verres trop grands, les effets de groupe.
  • Dites-lui que vous lui faites confiance mais fixez-lui des limites.
  • Rappelez-lui qu’il a le droit de dire non et éventuellement soufflez-lui quelques bonnes idées d’excuses pour ne pas reprendre un verre sans passer pour le pénible de service.
  • Dites-lui de ne pas boire seul et de ne pas laisser un ami boire seul
  • Encouragez-le à vous appeler s’il a trop bu et rassurez-le ! Il ne sera pas puni.

 

Vous avez besoin de conseils ? Vous trouvez que votre enfant boit trop ? N’hésitez pas à frapper à la porte des consultations jeunes consommateurs de votre région.

 

 

Valérie François / CIDJ / septembre 2021

Illustration : Pexels

   

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