L'alcool, la pire des addcitions

Guillaume, 25 ans : joint, alcool, drogue et vidéo

Du premier joint à la drogue dure en passant par la bouteille de whisky, l’adolescence de Guillaume a été un long processus de destruction. Il aurait pu ne jamais revenir de ce voyage au bout de lui-même. Aujourd’hui, il a 25 ans, et grâce au soutien de sa famille, il s’est sorti de ses pires addictions et a repris sa vie en main. De sa descente aux enfers jusqu’à sa reconstruction, il a accepté de nous raconter son histoire. Une série en 3 épisodes.

Un soir, mon frère m’a présenté une fille qui faisait partie de son groupe. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde puis plus tard, nous sommes tombés amoureux. C’était la première personne avec qui je me sentais vraiment bien. Malheureusement, cette histoire n’a pas duré. Cette fille me cachait certainement des choses. Elle a fait un séjour au Maroc et à son retour elle ne m’a pas recontacté. J’avais vécu une très belle histoire avec elle, c’était la seule personne en dehors de ma famille qui comptait encore pour moi. Je me sentais perdu. Plus rien n’allait, plus rien n’avait de sens. Mon travail ne m’intéressait plus. Les relations avec ma famille se limitaient au strict nécessaire.

Les joints commençaient à me rendre fou

À ce moment-là, les joints commençaient aussi à me rendre fou. J’entendais des voix, je parlais tout seul, je devenais parano. Dans la rue, j’avais l’impression d’être tout le temps observé. L’état dans lequel j’étais après avoir fumé me terrifiait mais je n’arrivais pas à m’arrêter. Même lorsque je ne fumais pas, je n’étais plus complètement moi même.

Pour me sortir du joint, j’ai choisi la pire option : l’alcool

J’étais si mal. J’avais aussi des problèmes avec la justice. Mon avocat m’a conseillé de voir un psychologue. Mais ça ne m’a pas aidé. Pour me sortir du joint, j’ai choisi la pire option : l’alcool. Au début, j’allais chez un ami et on buvait 2 ou 3 verres, juste de quoi arriver à la première euphorie. Grâce à cela, je pouvais contrôler mon manque. Mais très vite, 3 verres ne me suffisaient plus. J’ai dû augmenter les doses. Pour moi, l’alcool est vraiment la pire des addictions. On peut y tomber tellement vite. Tout le monde en consomme, c’est facile de s’en procurer et on n’a pas besoin de se cacher. Il suffit juste d’aller au supermarché. C’est super dur de s’en détacher. Je buvais dès le réveil, pendant mon service, pendant les pauses. Je ne fumais plus de joints mais j’étais devenu totalement dépendant à l’alcool.

Je buvais une bouteille de whisky, prenais 1 gramme d’héroïne et fumais 2 paquets de cigarettes par jour

Quand j’ai commencé à fumer des joints, je m’étais toujours dit que je ne toucherais jamais aux drogues dures et je m’y suis tenu ! Pourtant, en 5 ans j’avais eu de nombreuses occasions, mais c’était vraiment vissé dans ma tête. J’ai toujours dit non. Et puis un jour où j’avais trop bu, un « ami » m’a proposé de l’héroïne. J’ai hésité mais j’ai fini par accepter. Dans ma tête une barrière était franchie, à partir de ce moment il n’y a plus eu de limite. J’ai tout essayé : cocaïne, MDMA, ecstasy, crack. Je ne me sentais bien que quand j’en prenais. Mais au réveil, le retour à la réalité était toujours plus dur. C’était les montagnes russes. J’ai arrêté de travailler. J’ai dépensé les 15 000 € de mon PEL en alcool, en cigarettes et en drogue. Je buvais une bouteille de whisky, prenais 1 gramme d’héroïne et fumais 2 paquets de cigarettes par jour. Je pesais 48 kilos !

Ma mère me voyait sombrer chaque jour un peu plus

Je vivais chez ma mère qui me voyait sombrer chaque jour un peu plus. Je suis retourné voir des psychologues. Ma mère cherchait des solutions que je refusais. À la suite d’une crise où ma famille m’a récupéré dans la rue, elle a fini par me faire interner en hôpital psychiatrique. Je n’y suis resté que 10 jours car je n’avais aucun problème nécessitant une hospitalisation. Elle est finalement tombée sur une association catholique : la communauté Cenacolo, qui vient en aide aux personnes qui ont des problèmes de dépendance. Pour alléger les tensions familiales, j’ai accepté d’y passer 2 jours. Je n’avais aucun espoir mais je sentais qu’elle en avait besoin. À mon retour, la réponse était sans appel : je n’irai pas.

Je consommais pour oublier que je consommais.

Je suis parti vivre chez une amie avec l’espoir de retrouver du travail et d’arrêter par moi-même. Mais ça n’était pas possible, je ne pouvais pas m’en sortir seul. Je consommais pour oublier que je consommais, pour oublier que je ne m’aimais pas, que je n’aimais pas ma vie, que je faisais du mal aux autres, que je ne m’en sortais pas.

Guillaume, 25 ans : joint, alcool, drogue et vidéo, un témoignage en 3 épisodes

 

Propos recueillis par Valérie François / CIDJ / Août 2020
Illustration : Pixabay

   

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